Les bisounours, article bête et méchant
Par Zun le lundi 15 février 2010, 14:47 - Bla - Lien permanent
Petite étude sur mes ennemis viscéraux, les bisounours...
Alors non je ne vise personne en particulier et je n'écris pas cela sous le coup d'un événement récent.
Non je ne parle pas des communautés que je fréquente, mais oui j'ai pris un plaisir mauvais à écrire ce texte et à vous le livrer. Gniark !
Je les hais.
Au royaume des bisounours, les règles sont simples :
- il n'y a jamais de problème chez les bisounours. Ça n'existe pas. Un bisounours regardera toujours dans la direction opposée d'un éventuel conflit, ce qui est bien... chez les bisounours.
Cela explique aussi sans doute la potentialité relative pour un bisounours d'évoluer.
Un bisounours conflictuel devient d'ailleurs très vite le méchant bisounours. Pour les conséquences, voir plus loin.
Au niveau des conflits en eux même,
- le bisounours n'est pas de mauvaise foi, le bisounours ne comprend tout simplement pas d'où vient la source du conflit surtout si c'est la conséquence d'un quelconque fait de sa part. Lui en vouloir ouvertement le plongera dans une profonde incrédulité, voire le blessera. Inutilement. Ne brusquez pas les bisounours avec votre insolente droiture, votre cohérence exhibitionniste, évitez les conflits. Simplement.
- cela dit chez les bisounours, tout le monde est franc. Quand un bisounours se présente, la seconde phrase après avoir donné son nom lui sert à exprimer qu'il est franc et que même si ça lui vaut des quolibets, il est comme ça et il n'y peut rien.
À noter que cette franchise consiste plus à vous dire que vous avez un bouton sur le nez plutôt qu'à vous parler avec bienveillance mais fermeté au moment approprié pour quelque chose de vraiment important.
À ce moment-là le bisounours franc se réunira sans vous avec d'autres bisounours francs pour discuter de votre cas.
Ce que nous qui appellerions vulgairement "hypocrisie" est en réalité une autre règle fondamentale de la pensée bisounours : - chez les bisounours la pensée collective et formatée règne en maitre. Il y a ce qu'il faut faire et il y a ce qu'il est bon de critiquer quand on ne fait pas ce qu'il faut faire. Dévier du droit chemin est un appel de votre part à une réunion bien pensante vous excluant pour un moment de la bisounourserie. Malheureux que vous êtes.
"Ce n'est donc pas de l'hypocrisie puisque c'est de votre faute" (sophisme - pardon paralogisme bisounours fort pratiqué).
Mais même si vous êtes un bisounours qui refoule à merveille la moindre opinion individuelle sachez que :
- les absents ont toujours tort. Mais ils font de bons sujets de conversation, et rien que pour ça la prochaine fois qu'ils seront présents on les accueillera avec un sourire enjoué. Grâce à cela vient la règle qui suit :
- il n'y a pas de sujet plat chez les bisounours, une discussion qui ne nécessite aucune implication personnelle mais amène un avis bien appuyé est une réjouissance collective, par exemple le style de vie de celle/celui qui n'est pas là et dont personne ne veut vraiment être l'ami.
Chez les bisounours les codes sociaux sont clairs !
- ceux qui pleur(nich)ent le plus sont ceux qui souffrent le plus, règle liée étroitement à celle-ci :
- le bisounours qui pleure est le bisounours qui a raison. Nous avions relégué les maternelles dans notre mémoire, le bisounours, lui, cultive la mentalité de cours de récréation comme son droit à être lui-même.
La conscience collective bisounours sera émue de ce que nous qualifierions d'infâme caliméro mais restera hermétique à toute notion de courage stoïque (ou de décence simplement). - ceux qui parlent le plus fort ne sont pas les plus intelligents mais certainement les plus intéressants
- un bisounours chiant et égoïste n'est pas une personne pénible mais un bisounours qui a de la personnalité
- ceux qui complimentent sans mesure les autres ne sont pas des vampires assoiffés du charisme qui leur manque, mais des bisounours qui aiment tout le monde et qui vous veulent du bien
- ceux qui copinent le plus explicitement en public sont ceux dont l'amitié sera la plus solide et la plus sincère
Et là nous abordons le sujet de front :
L'amitié :
- chez les bisounours le temps se déroule plus vite, la meilleure amie depuis toujours aura sans doute été croisée il y a 2 semaines sur un blog. Le pourcentage sans pareil de compliments et de congratulations mutuelles à l'heure poussera les bisounours à s'unir dans une relation d'amitié profonde et sincère pour toujours.
- être ami avec un bisounours c'est avant tout être d'accord avec lui puisque comme énoncé plus haut, les bisounours n'aiment ni le conflit ni la pensée individuelle. Vous pouvez ne pas être d'accord avec lui pendant 3 minutes mais après vous devez vous presser de vous ranger à son avis ou vous risquez de devenir le bisounours dont on se méfie. Cela étant dit, la variante suivante est possible : parlez fort et après avoir exposé brièvement votre opinion sans argumentation, terminez par "je suis franc, c'est comme ça" (cfr plus haut), il se peut alors que l'ami bisounours se range à votre opinion et vous trouve également plein de personnalité. Il est possible qu'ensuite entrainés par le mouvement, d'autres le suivent pour vous mettre sur un piédestal. Être artiste peut également constituer une variante à la pensée formatée mais faut pas trop déconner avec ça quand même. Remarque : attention, méfiez-vous du piédestal bisounours, vous ne l'avez pas demandé, vous l'avez parfois combattu, mais si vous vous trouvez dessus la chute n'en sera que plus dure.
- si la règle ci-dessus vous semble ardue, sachez simplement préserver votre amitié de toujours de 2 semaines en comprenant simplement ceci : dans une discussion bisounours où deux personnes ne sont pas d'accord, il y a celui qui a tort et celui qui a raison. Inutile de venir avec des arguments baba cool comme quoi toute opinion est respectable, cela ne fera qu'envenimer la discussion.
- une divergence d'opinion avec un bisounours n'amène jamais une relation à plus de maturité et de confiance, au contraire elle marque la fin d'un copinage intensif, mais comme chez les bisounours rien ne se perd, il y a fort à parier que de cette déchirante séparation naitront d'autres copinages tout aussi fructueux. Mais cela toutefois après la période de deuil (2 - 3 jours) où les deux parties raconteront à leurs futurs amis et à leur blog comme elles ont été utilisées par l'autre.
Bon je suis sure que j'en oublie, mais purée ça fait du bien.
Allez, allez c'était gratuit et ça concerne tout le monde (moi y compris, et dans pas mal de phrases si ça peut vous rassurer
) et personne, mais ça fait du bien de la cracher cette pilule.
Il y a du vécu là dedans, si si, du subi surtout mais aussi de l'infligé. 
Haïssons les ensembles, mais n'oublions jamais qu'en nous sommeille un bisounours que la moindre complaisance fera sauvagement ressurgir.
Restons vigilants. 












































Commentaires
J'adore ^^
C'est franc ! :D
Et on dirait que ça fait peur !
Ooooh, que c'est bien tourné! C'est vrai qu'on retrouve ces comportements dans bon nombre de communautés virtuelles... et réelles, même!
Soyons complètement honnête, ce texte m'a été à 80 % inspiré par deux groupes de connaissances d'il y a fort longtemps (bien avant les BJD et pas sur forum). Et dans la mesure où ce sont des êtres humains forcément on y retrouve la plupart des défauts de la mentalité communautaire.
Par le passé ça m'a fait énormément de mal, là j'avais envie de le tourner positivement donc avec humour, et sans viser personne.
Contente que ça vous plaise, moi ça m'a fait du bien de le rédiger ce texte !
J' adore!
Et... "c'est tellement vrai"... (voix du bisounours toujours d' accord avec toi, LOL!!!!)
Ca pourrait faire un blog en soi, cet article! Il y aurait plein de suiveurs... mais hélas il serait vite envahi et récupéré... par les bisounours!
A moins que toute vie commuinautaire online tend à pousser soit vers le bisounours, soit vers le troll???
Il y a des études psychologiques à explorer, qui d' ailleurs sont déjà en cours d' étude, du moins je l' espère...
Rhaaa j'adore, vraiment excellent et tellement vrai ... malheureusement
Faut dire que je ne prends pas de risque : critiquer les bisounours...
La semaine prochaine Vanessa critiquera les frustrés !
Quelle audace !
Je ne serais pas aussi négative, déjà pour moi internet c'est ce qu'on en fait et ça peut être très positif à condition de rester léger et de ne pas flanquer son ego dans tout ce qui bouge...
Mais honnêtement les groupes auxquels je pense ne sont pas des groupes forumeux, les rapports dont je me moque je les ai constatés IRL, pas via forum, blog (oui enfin sauf les derniers paragraphes, on est d'accord) ou autre.
Et ce ne sont pas des communautés à proprement parler, juste des groupes d'amis.
Arf, en fait ça pourrait pris de manière encore plus négative:
Je corrige: "A moins que toute vie communautaire tout court tend à pousser soit vers le bisounours, soit vers le troll???"
...un groupe d' amis dépassant un certain nombre devenant quelque part forcément déjà une communauté en soi... hiiiiii!!!
Mais bien sûr au final, c'est ce qu' on en fait, heureusement qu' il y a encore le libre-arbitre!
Aaah pessimiste va !
Bon te voilà désormais catalogué bisounours cynique !
Mouhaha ! J'ai au moins un nom en tête pour chaque cas proposé
Bienvenue au club, moi c'est 2 - 3 noms par cas.
Tudieu....... c'est du vécu... le tien mais... hélas... le mien aussi ! Snif, snif !
Et pour mal faire, je n'ai JAMAIS fait partie des bisounours !!! J'ai d'ailleurs souvent fait l'unanimité... contre moi !!!
Ah l'homme est un animal social, à force d'être entouré par des bisounours on devient un bisounours soi-même, même si c'est le méchant bisounours !
Comme cela fait du bien à lire.
J'adore !
Merci. Mais tu as raison : restons vigilants. 
J'ai eu un conflit, il y a quelques semaines avec une admin de forum et je lui ai dit combien j'en avais marre de la planète Bisounours et aujourd'hui je lis ton post.
Gnark !